Il fut un temps où posséder deux cartes graphiques dans le même PC représentait le rêve ultime de nombreux joueurs. Les configurations équipées de deux, trois voire quatre GPU étaient régulièrement mises en avant dans les magazines spécialisés et les vidéos de hardware.
Pour rendre cela possible, deux technologies dominaient le marché : le SLI chez NVIDIA et le CrossFire chez AMD. L’objectif était simple : combiner la puissance de plusieurs cartes graphiques afin d’obtenir davantage de performances.
Aujourd’hui pourtant, ces technologies ont pratiquement disparu du monde du gaming. Alors comment fonctionnaient-elles et pourquoi ont-elles été abandonnées ?
Sommaire
Qu’est-ce que le SLI ?
Le SLI, pour « Scalable Link Interface », était une technologie développée par NVIDIA permettant de relier plusieurs cartes graphiques compatibles dans le même ordinateur.
Les GPU étaient connectés grâce à un pont physique installé sur les cartes. Le système répartissait ensuite le travail graphique entre plusieurs processeurs afin de calculer davantage d’images simultanément. Sur le papier, deux cartes graphiques identiques devaient offrir presque deux fois plus de performances qu’une seule.
Qu’est-ce que le CrossFire ?
Le CrossFire était l’équivalent développé par Advanced Micro Devices. Le principe était très similaire : plusieurs cartes graphiques travaillaient ensemble pour partager la charge de calcul. AMD proposait parfois davantage de flexibilité concernant les modèles compatibles, mais les avantages et les limites restaient globalement les mêmes que ceux du SLI.
Comment les cartes se partageaient-elles le travail ?
La méthode la plus courante consistait à utiliser ce qu’on appelait l’AFR, pour Alternate Frame Rendering. Concrètement, une carte calculait une image tandis que l’autre calculait la suivante.
Par exemple, le premier GPU calculait l’image 1, le second l’image 2, puis le premier l’image 3, et ainsi de suite. Cette technique permettait théoriquement d’augmenter fortement le nombre de FPS lorsque le jeu était correctement optimisé.
Pourquoi le SLI et le CrossFire étaient impressionnants
À leur époque, ces technologies pouvaient réellement apporter un gain important. Certains jeux voyaient leurs performances augmenter de 50 à 90 % avec deux cartes graphiques. Pour les passionnés cherchant à jouer en très haute résolution ou avec plusieurs écrans, cela représentait une solution extrêmement attractive.
Les configurations équipées de plusieurs GPU étaient également très populaires dans les benchmarks et les démonstrations technologiques.
Le problème des optimisations
C’est précisément là que les difficultés ont commencé. Pour fonctionner correctement, le SLI et le CrossFire nécessitaient souvent une optimisation spécifique pour chaque jeu. Si les développeurs ne prenaient pas en charge le multi-GPU, les gains pouvaient être faibles voire inexistants. Dans certains cas, les performances devenaient même moins bonnes qu’avec une seule carte graphique.
Les micro-saccades ont aussi posé problème
Même lorsque le nombre de FPS augmentait, l’expérience n’était pas toujours parfaite. Le système AFR pouvait provoquer ce qu’on appelle des micro-stutters. L’image semblait fluide sur le compteur de FPS mais donnait parfois une sensation de saccades ou d’irrégularité pendant le jeu.
De nombreux joueurs préféraient finalement une seule carte graphique puissante plutôt que plusieurs GPU moins bien synchronisés.
Pourquoi ces technologies ont disparu
Plusieurs facteurs ont contribué à leur disparition. Les cartes graphiques modernes sont devenues beaucoup plus puissantes. Une seule carte haut de gamme dépasse désormais largement les performances que plusieurs GPU pouvaient offrir autrefois.
Les développeurs ont également cessé d’investir du temps dans l’optimisation multi-GPU car très peu de joueurs utilisaient ces configurations. Face à une demande faible et à des coûts de développement élevés, le support a progressivement disparu.
Quelles sont les alternatives modernes ?
Aujourd’hui, la solution privilégiée consiste simplement à utiliser une seule carte graphique plus performante. Les progrès réalisés par les GPU modernes rendent cette approche beaucoup plus simple, plus fiable et souvent plus efficace. Les technologies comme le DLSS, le FSR, le XeSS ou encore la génération d’images permettent également d’augmenter les performances sans avoir besoin d’ajouter une deuxième carte graphique.
Le multi-GPU existe-t-il encore ?
Oui, mais principalement dans des domaines professionnels. Les stations de travail dédiées à l’intelligence artificielle, au calcul scientifique ou au rendu 3D utilisent encore plusieurs GPU simultanément.
Dans ces secteurs, les logiciels sont spécifiquement conçus pour exploiter plusieurs cartes graphiques en parallèle, ce qui reste très efficace. Pour le gaming en revanche, le multi-GPU est pratiquement devenu une technologie du passé.
Conclusion
Le SLI de NVIDIA et le CrossFire d’AMD permettaient autrefois de combiner plusieurs cartes graphiques afin d’augmenter les performances dans les jeux. Malgré des résultats parfois impressionnants, les problèmes d’optimisation, les micro-saccades et l’évolution rapide des GPU ont progressivement rendu ces technologies obsolètes.
Aujourd’hui, une seule carte graphique moderne associée à des technologies comme le DLSS ou le FSR offre généralement une expérience bien plus simple et plus efficace que les anciennes configurations multi-GPU.


